L'essentiel des travailleurs d'aujourd'hui sont des knowledge worker, autrement dit des professionnels dont la plus-value est intellectuelle avant d'être mécanique (exemple : la plus-value d'un ouvrier sur une chaine de production est avant tout mécanique, par exemple mettre le volant sur l'axe de la voiture à la chaine). Avec la transformation numérique en cours et la mondialisation croissante des organisations et des marchés, le monde des knowlege worker change : leur plus-value n'est plus d'apporter la bonne information au bon moment, mais de proposer une perspective pour la question posée et de savoir donner du sens aux éléments non structurés déjà existants.

Contexte

Avec l'arrivée des IA, la connaissance n'est plus une limite à l'avancement d'un projet, car l'ordinateur peut utiliser un nombre quasiment infini de documents et en rédiger une synthèse pertinente en un temps record. De plus, la mondialisation des organisations, de la mondialisation du marché du travail avec le développement des métiers en distanciel et la mobilité accrue des professionnels à la mondialisation des entreprises, augmente le nombre de professionnels dans un domaine donnée (exemple : La data analyse peut-être réalisé depuis partout dans le monde, donc avec un marché du travail mondial et donc beaucoup de candidats potentiels).

Le rôle de l’humain à l’ère des perspectives

Mais si la valeur du knowledge worker n'est plus la connaissance, quelle est-elle ? Pourquoi l'humain reste-t-il un élément vital des organisations encore aujourd'hui ?

La plus-value du professionnel tient aujourd'hui à sa capacité à projeter ses connaissances dans des sujets non défrichés, de savoir capter et valoriser l'essence de son savoir, on parle donc aujourd'hui de wisdom worker plutôt que de knowledge worker. Une fois qu'un sujet est bien structuré, le sujet passe entre les mains des machines pour être reproduit autant de fois que nécessaire à chaque fois avec un degré de quantité suffisant.

Mais au fait, qu'est-ce que l'essence de la connaissance ?
Chaque sujet fait aujourd'hui l'objet d'une multitude d'articles, livres, présentations orales, ... Le rôle du professionnel est d'extraire de ces supports les idées clés pour avoir une vision claire des concepts atomiques de son domaine, en résumé un travail de synthèse éclairée du savoir de son domaine. Les sujets évoluent, le professionnel doit donc rester être au fait de son environnement par exemple via une veille régulière de son domaine d’activité (exemple : dans les domaines réglementés le professionnel doit connaitre les autorités de réglementation et de contrôle et se maintenir à jour de leurs publications, les start-ups doivent connaitre les financeurs potentiels et se maintenir à jour des financements ouverts). Une fois ce travail de synthèse réalisé, le wisdom worker a ensuite la tâche de proposer une perspective intégrant l'ensemble des éléments à sa disposition pour répondre à une question donnée. L’essence tient donc en deux grands points : maitriser pleinement les concepts de son domaine et savoir les projeter sur des sujets nouveaux, autrement dit proposer une perspective.

Le concept de perspective est ici importante, car c'est la barrière entre le knowledge worker et le wisdom worker. Prenons l'exemple de développement d'un code informatique : si une personne a une question sur une ligne de code, il ne demandera pas à ses collègues comment écrire cette ligne de code, il demandera à Google ou à une IA = knowledge working. Cependant, si on demande à ce même professionnel comment il structurerait un projet de code pour répondre à une question donnée, alors le professionnel aura une vraie plus-value de structuration, autrement dit de définir une perspective de l'organisation à mettre en place sur la base des outils qu'il connait = wisdom working. Une fois les morceaux du projet bien défini, il pourra confier à un ordinateur la réalisation morceau par morceau du projet, en évaluant le fonctionnement global du système.

De l'ère de la connaissance, nous passons peu à peu dans l'ère des perspectives.

Quels sont les impacts pour les professionnels ?

Connaitre n'est plus le graal a atteindre, le graal est d'aller plus loin et de pouvoir articuler de plusieurs façons des concepts clés de sa discipline selon la question posée.

Un second impact est que nous devons être capable de maitriser un nouveau sujet rapidement car les sujets évoluent aujourd'hui rapidement. Il nous appartient donc de perfectionner nos connaissances comme nos compétences pour proposer les perspectives les plus riches et les plus pointues de notre domaine.

Si l'idée de passer du knowledge work au wisdom work peut sembler une passe d'arme intellectuelle et rien de plus, elle impacte profondément notre façon de travailler et nos besoins professionnels, amenant donc à de vrai changements.

Quelques liens externes si vous souhaitez aller plus loin :

Je serais intéressé d'avoir ton avis cher lecteur sur le sujet dans les commentaires : est-ce que tu sens ce changement de tendance ? Comment s'inscrit il dans ton quotidien ?

A bientôt 🙂

De la connaissance à l'essence : Evolution du travail de la connaissance

Pourquoi le monde du travail intellectuel passe à l'ère des perspectives ?