Lorsque je me renseignais sur la façon de construire ma communauté, je voyais souvent le même conseil : "Pour progresser, il faut publier régulièrement". Lorsque je me renseignais à ce sujet, nous étions aux premières heures de YouTube, donc beaucoup d'articles parlaient de se construire une communauté implicitement sur YouTube. Avec l'avènement de la formation en ligne de ces dernières années, les conseils se sont raréfiés pour donner lieu à des publicités pour des formations.

Ce conseil me pose question aujourd'hui : pour progresser il faut publier régulièrement c'est vrai, mais ne faut-il publier que sur 1 seule plateforme comme le laisse à penser ce conseil et son contexte ? Avec l'explosion des formats courts, beaucoup de publications sont publiées à l'identique sur plusieurs plateformes ou republiées d'une plateforme à l'autre parfois en laissant le logo de la première plateforme dans la publication de la 2e plateforme. L'usage de plusieurs plateformes pour construire une communauté est donc déjà effectif chez certains créateurs/influenceurs. Je me pose donc la question suivante : quels sont les principaux modèles de publication utilisés aujourd'hui et par qui ?

Aucune sponsorisation de la part des chaines de créateurs que je partage dans cet article, je ne gagne rien ni directement ni indirectement si vous cliquez ou si vous ne cliquez pas sur les liens. Je vous partage donc ces chaines pour étayer mon propos, et parce que ce sont aussi des créateurs dont je suis content de partager le travail.

Mettre un nom sur ce sujet

L'idée d'organiser un plan de publication de ses contenus n'est pas nouvelle, tous les créateurs le font déjà. J'ai donc commencé par chercher quelle expression pourrait déjà exister pour parler de ça. J'ai fait ma recherche autour de 5 expressions (je vous mets à coté une synthèse des éléments associés à chaque terme):

  • Stratégie de publication : action d'identifier un plan à suivre lors de la publication d'un contenu pour en maximiser son positionnement sur les moteurs de recherches et la génération de trafic,

  • Stratégie éditoriale : définit la manière de communiquer, le ton, le style et les formats des contenus, en se concentrant sur le public cible et les objectifs,

  • Modèle d'édition : couvre un large champ d'idées, allant de la description du livre dans un espace de référence à la rémunération de l'auteur,

  • Modèle de publication : ma recherche a donné 2 types de contenus :

    • design/graphisme : des templates graphiques pré-défini à affiner,

    • modèle de publication en Science : façon dont on va publier son article scientifique, incluant notamment le choix du journal (à comité de relecture ? payant pour le publieur ou pour le lecteur ?).

  • Modèle de plan de publication : les résultats ont surtout attrait aux calendriers de publication (quand je publie quel article ?).

En approfondissant le contenu disponible en ligne et la définition du mot Stratégie sur Larousse, le terme de Stratégie de publication semble être le terme que je recherche. Quelque chose me dérange cependant dans ce terme : la stratégie est pour moi l'action d'identifier les actions à mener pour obtenir un avantage. Parler de stratégie de publication lors de la publication de chaque contenu me semble exagéré car la stratégie est l'acte d'identifier un plan d'action et non de réaliser ce plan d'actions, sinon le mot de projet n'aurait aucune utilité. Chaque projet que nous réalisons sert un objectif personnel, un but que la stratégie a identifié et que le projet permet d'atteindre.

Plutôt que de parler de stratégie de publication uniquement, je penses plus intéressant de parler de stratégie de publication comme l'acte d'établir la meilleure façon de publier, et de modèle de publication comme le livrable, le plan d'actions mis en place et à répéter.

Un nom c'est bien, mais qu'est-ce que je mets derrière exactement ? J'entends par modèle de publication la façon dont le créateur organise la publication d'un contenu dans le temps. A l'image d'un modèle, cette organisation courante peut-être chamboulée à l'occasion d'un évènement exceptionnel, expliquant que c'est un modèle et pas une règle de publication.

Je trouve le parallèle avec le modèle économique intéressant : le modèle économique est la façon dont on va s'organiser pour générer de l'argent, un modèle économique peut-être chamboulé ponctuellement par une rentrée d'argent exceptionnelle (un prix, une intervention payante réalisée par l'entreprise, une mission ponctuelle en dehors de son scope) sans être caduque pour autant; le modèle de publication est le modèle par défaut, utilisé la plupart du temps, mais il peut être parfois modifié.

Au delà du modèle, la façon de toucher son public

Le modèle de publication est donc le livrable de la stratégie de publication. Tout comme la stratégie de publication cherche à maximiser l'engagement du public ciblé, le modèle de publication suit la même finalité.

Disclaimer sur le terme d'engagement : Les créateurs comme les entreprises ont le même objectif : nous engager dans leur modèle économique. La plupart du temps, une marque veut nous faire acheter leur produit, le créateur veut notre attention pour la monétiser grâce à des publicités comme sur YouTube ou grâce à des dons avec la promesse de nous plaire. "Engager" est un terme polymorphe : pour ceux qui ne suivent pas la marque ou le créateur ou n'utilise par la marque, l'objectif est de les faire suivre le créateur/acheter la marque; pour les gens qui suivent déjà et achètent déjà, l'objectif est de faire acheter plus. Les créateurs doivent se rémunérer sur leur création pour vivre et cherche à nous engager pour nous faire revenir consommer leur création, n'ayons donc pas peur du mot d'engagement, mais réfléchissons à chaque fois à la forme d'engagement que cherche la personne (morale ou physique) d'en face.

Dans cette optique de maximiser l'engagement, le raisonnement plateforme par plateforme des modèles de publication est peu efficace, car les utilisateurs sont présent et consomment sur plusieurs plateformes. De plus, sur une plateforme donnée le créateur ne choisit pas vraiment comment il interagit avec sa communauté, le format de la plateforme l'impose (ex : YouTube = commentaire pour les vidéos et chat pour les lives, twitch = chat et rewards). Penser multi-plateforme permet au créateur de rythmer au plus près de ses envies ses interactions avec son public. Quand on parle de modèle de publication, il faut donc avoir une vision holistique du problème (exemple : une vidéo permet une vitrine, mais assez peu d'interaction, donc renvoi vers un lieu d'échange plus direct pour favoriser l'engagement).

Analyse du modèle "feat & fun"

Sur YouTube, une grosse communauté de créateur peuvent être catégorisé feat & fun (contenu à but de distraire, d'amuser, incluant régulièrement des invités).

Le modèle de publication courant que j'ai retrouvé pour cette communauté est la suivante :

  • Des vidéos hebdomadaire long format sur YouTube : ce contenu sert de vitrine à mettre en avant (à l'occasion d'une invitation, via les algorithmes des plateformes) pour que de nouveaux usagers découvre leur travail et entre dans leur univers de contenus,
  • Des formats live type Twitch pour favoriser une interaction directe, très souvent organisé autour d'une session de jeux vidéo que le créateur partage. Cette interaction permet de créer un sentiment de proximité chez la communauté avec le créateur pour pousser notamment aux dons.

Leur partenariats avec d'autres YouTubeurs leur permettent notamment de se faire connaitre dans d'autres communautés, pour que certaines personnes d'une autre communauté entre dans la leur. C'est un modèle intéressant pour exposer une vitrine de son travail sur internet et obtenir rémunération de vidéos longues qui ne se prête pas aux live, avec des moments uniques partagés avec sa communauté a l'occasion des live et la possibilité d'échanger avec la communauté pour favoriser le rapprochement.

Exemple de créateurs : Djilsi, Mastu, Squeezie.

Analyse du modèle "vendeur"

Pour le segment des créateurs 'vendeurs' : le format est proche de celui des créateur 'feat & fun' : les formats longs offrent une vitrine pour que de nouvelles personnes découvre leur travail. Le différence est que les formats long renvoient ensuite à leur univers de produits/formations.

Exemple :

  • Eliott Meunier : créateur réalisant des vidéos sur YouTube sur des sujets de Knowledge managmeent, servant de porte d'entrée à son univers personnel et son univers de formations,
  • Gaëlle Garcia Diaz : le produit derrière est ses produits beauté. Les réseaux ne sont peut être pas son principal canal d'acquisition de client, il en demeure quand même un ayant attrait a la vente de produit,
  • Léna Situations : idem que Gaëlle pour sa marque de vêtement.

La notion de vente ne se veut pas ici péjorative : le créateur doit bien payé son appartement, son téléphone, son alimentation, c'est donc sain qu'il puisse être rémunéré sur la valeur qu'il/elle apporte. A nous consommateur de choisir les produits qui raisonne avec nos valeurs profondes pour créer une demande de produits alignée et par réaction créer une offre alignée.

Analyse du modèle "influenceur"

Le modèle de publication des influenceurs est très différent : son objectif est l'omniprésence sur l'ensemble des plateformes disponibles. L'objectif initial de l'influenceur n'est pas le même que précédemment : ici l'objectif n'est pas d'apporter une valeur propre quelque conque (de l'amusement ou de la connaissance), mais de rentrer dans le quotidien et/ou dans le tête des gens, pour ensuite vendre leur produit basé sur l'émotion plutôt que sur la réflexion. Ils ne sont pas que le relai publicitaire d'une personne (morale ou physique) qui crée la valeur.

Exemple : Les participants de télé-réalité, omniprésent dans notre quotidien grâce aux formats courts des réseaux sociaux et émissions télé. Dans leur but de vendre à tout crin, bad buzz is buzz : un bad buzz permettra que de nouvelles personnes parlent d'elles (en bien ou en mal), que de nouvelles personnes regardent leur publications, et in fine que de nouvelles personnes achètent les produits après les avoir découvert par ce biais. Dans ce modèle souvent dévoyé pour faire un maximum d'argent en un minimum de temps, ces influenceurs font feu de tout bois pour générer des revenus.

Conclusion

Grâce à cet article, nous avons déconstruis 3 modèles de publications différents, pour identifier comment les créateurs s'exposent sur internet, pour comprendre les raisons derrière ses choix. Aucun modèle n'est parfait, certains créateurs publient juste ponctuellement et ça marche ! Si vous êtes créateurs, payez attention à la façon dont les autres jouent avec les réseaux pour vous inspirer et trouver votre modèle de publication, celui qui vous donne l'énergie de créer et la capacité pécuniaire de continuer.

Lors de mes recherches sur la stratégie de publication, j'ai trouvé quelques articles qui décrivent que publier sur plusieurs réseaux en même temps est une mauvaise idée, mais qui en 2e partie d'article vendent un produit pour justement le faire. Est-ce réellement une mauvaise idée de publier sur plusieurs réseaux ou est-ce juste une approche commerciale ? Je vous laisse expérimenter par vous même et vous faire votre propre avis.

Dans cet article et dans quelques autres par le passé, je ne fais pas de découverte disruptive (un anglicisme pour me la péter un peu 😉), je m'attèle plutôt à décrire et à comprendre le monde qui nous entoure. Comprendre notre environnement me semble très important : on n'avance pas dans quelque chose sans le comprendre, il faut donc prendre le temps de comprendre le monde pour choisir nos combats, le meilleur chemin vers notre étoile du nord et s'y investir intelligemment. N'hésitez pas à me dire si ce genre d'article vous plait dans les commentaires où s'il est trop théorique, ça m'aidera à savoir si je continue.

A très vite 🙂

Les modèles de publication

Qu'est-ce qu'un modèle de publication, et quels sont les grands modèles d'aujourd'hui ?