Internet est aujourd’hui un support à part entière des entreprises pour proposer et vendre leurs produits et services. Le modèle marchand n’est plus suffisant pour décrire les modèles économiques digitaux avec des frontières Business et Customer beaucoup plus flou qu’avant : chacun de nous est autant une entreprise qui peut produire et vendre d’un client qui a besoin et envie d’acheter. Il faut donc aller plus loin dans leur description.
En réfléchissant à ce postulat, je me suis posé les 2 questions suivantes :
- Quels sont les modèles digitaux atomiques existants ? (atomique car un vendeur peut utiliser différents modèles simultanément, ça n’en fera pas un nouveau modèle économique pour autant)
- Quel est l'impact de chaque modèle économique sur la qualité du contenu informationnelle proposé ?
Le contenu informationnel est parfois un à coté du contenu principal du site, je n’exclue pas pour autant ces sites qui apporte du contenu.
Exemple : un site propose des formations et des articles sur le sujet. Si le contenu central est la formation et les articles la facette publicitaire de ce contenu, il n’en reste pas moins très intéressant.
Lorsqu’on dit ‘modèle économique’, on penses tous d'abord aux magasins et entreprises avec leur modèles économiques parfois dit 'traditionnels' correspondant surtout à produits physiques et que j’ai appelé précédemment ‘modèle marchand’ : B2B, B2C, C2B, C2C. Si ces modèles sont très utiles pour poser des jalons essentiels : qui vend ? et qui achète ?, ils sont insuffisants dans le digital pour décrire par quel voie ? se fait la rentrée d’argent. La méthode utilisée peut impacté fortement la qualité du contenu informationnelle proposé en parallèle.
Impact sur la structure de l'article
Deux modèles économiques que j’ai trouvé ne propose par expérience pas de contenu informationnel associé, je ne fais donc que les citer pour répondre à ma première question :
- Place de marché : Prélèvement d'une commission sur les transactions organisées par le site.
Exemple : LeBonCoin, Vinted, Ebay - Crownfunding : Très similaire au don, mais la participation donne lieu à une contrepartie.
Exemple : KissKissBankBank
Au fur de mes recherches, j’ai ensuite identifié plusieurs modèles économiques que j’ai regroupé en 3 grands groupes :
I. Modèle poussant à des articles précis, efficace
- Abonnement : En échange d'un paiement régulier, les abonnées ont accès à un ensemble d'articles ou services spécifiques.
Exemple : Substack, les journaux en ligne (Figaro, Le Monde) - Freemium : Le porteur d'un site web ou d'une plateforme offre des services aux particuliers gratuitement jusqu'à que l'utilisateur atteigne un seuil. Pour dépasser ce seuil, l'utilisateur devra payer.
Exemple : LinkedIn, Candy Crush - Don : Les utilisateurs donnent de l’argent sans contrepartie.
Exemple : Wikipédia, Wordpress
Dans ces 3 modèles, le versement d’argent de la part du lecteur est basé sur le contentement que le lecteur retire soit directement du produit quand le produit est le site en lui-même (Wikipédia, Substack, LinkedIn, Candy Crush), soit du produit et du site présentant le produit (Journaux en ligne). Le lecteur sera d’autant plus enclin à dépenser de l’argent s’il est contenté, impliquant du contenu bien ficelé et informatif. Ces 3 modèles poussent donc à créer du contenu informationnel de bonne qualité.
II. Modèle équilibré :
- Affiliation : Un site web s'adresse à d'autres sites pour faire la publicité de leur site. Les sites affichant deviennent des affiliés et touchent un pourcentage de commission sur les ventes ou le trafic généré.Commission : Un site web/une marketplace met en valeur des produits et prélève une commission à chaque transaction via son site.
J’ai rassemblé ces 2 modèles économiques, qui sont la facette d’une même pièce. - Modèle marchand classique : Ventre direct d’un produit.
Exemple : Magasins marchands en ligne : Boulanger, Sarenza. - Modèle adaptatif : Proposer un service ou produit qui disparaitra s'il n'est pas vendu, pour optimiser ses ventes. Le prix des produits est fonction du volume de la demande.
Exemple : site de voyage (prix ultra-compétitif à condition d'avoir un minimum de participants dans un délai imparti), SNCF (adapte ses prix en fonction des demandes et des habitudes des usagers). - Sponsorisation : le site web fait la promotion d'un service et est rémunéré en retour, soit financièrement, soit par des produits offerts, soit par des prix réduits.
Exemple : Créateurs de contenu sur YouTube faisant des sponsorisations.
Dans ces modèles, on peut autant trouver du bon que du pas bon : beaucoup de Youtubeur utilise la sponsorisation pour vivre de leur activité tout en proposant un contenu de qualité. A l’inverse, certains peuvent préférer tout faire pour vendre quitte à biaiser le contenu informationnel proposé.
III. Modèle déséquilibré :
Publicité : Le site héberge des annonces publicitaires, souvent par l'intermédiaire d'une régie, et se rémunère sur ses revenus publicitaires.
Différents façons d'être payé pour des publicités :CPM : cout pour mille : cout payé par l'annonceur à l'éditeur pour 1000 affichages. L'annonceur rémunère l'éditeur en fonction du nombre d'affichages de la publicité sur son site.
CPC : L'éditeur est payé selon le nombre de clics sur la publicité par les utilisateurs.
CPA : cout par action : l'annonceur paye si l'internaute a réalisé une action particulière.
Exemple : s'inscrire à une newsletter, remplir un formulaire, acheter un produit.
Pour toucher plus d’argent, le CPM et CPC poussent à augmenter le temps et la fréquence d’exposition aux publicités quelque soit la qualité du support. Les créateurs sont donc poussé à faire des articles toujours plus longs pour augmenter le nombre de pub, noyant ainsi le message quitte même à faire des articles sans fond.
Le CPA est aussi appelé Publicité cachée car sauf si l’auteur de la page mentionne explicitement qu’il touche une rémunération sur l’action menée, il n’y a aucun moyen pour le lecteur de le savoir. Ce modèle a donc 2 défauts intrinsèques : il pousse à la manipulation du lecteur par l’auteur pour réaliser cette action, et le lecteur n’a aucun moyen de le savoir.
La publicité est un modèle à très fort risque de privilégier la quantité d'articles à la qualité d'articles. Pour trouver du contenu informationnel de bonne qualité, c’est très souvent à modèle à éviter à tout prix.
Disclaimer : Un site marchant grâce à la publicité peut très bien avoir un contenu informationnelle super, les catégories décrites ici ne sont pas absolues, ce sont des lignes de réflexion pour guider nos explorations.
Comment s'en prémunir ?
Pour ce prémunir de ce qu’on ne souhaite pas voir, je peux vous proposer 2 solutions :
- Bien curer ses sources pour sa veille documentaire, en se posant pour chaque nouvelles sources la question du modèle économique sous-jacent,
- Garder l'esprit ouvert lors de la lecture et corroborer les informations retrouvées.
Du coup Pensée Complexe, c’est quoi son modèle économique ?
A ce jour, le modèle économique qui j’ai choisi est la gratuité, je ne gagne pas d’argent grâce à ce blog (ni directement ni indirectement). Comme Substack (la plateforme que j’utilise) veut gagner de l’argent elle, la plateforme utilise un modèle de commission sur ce que je gagnerai si je choisissais d’activer les abonnements à ce blog. Comme je n’ai pas encore choisi d’activer les abonnements sur mon blog, cet article vous est offert par Substack (aucune sponsorisation de leur part) et moi-même.
Disclaimer : Aucune sponsorisation par aucun des sites cités dans cet article.
A très vite 🙂
Modèle économique des sites web et impact informationnel
Quels sont les modèles économiques d'internet et comment impactent ils le contenu informationnel proposé ?